Privilégier et mettre en avant les logiciels libres / Favor and put forward free software


#1

Bonjour,

(In english bellow)

Pour un ensemble de raisons largement évoquées, notamment par Regards Citoyens [1] ou dans la proposition April sur la “méta”-consultation publique [2], il y a une problématique essentielle - et certes pas unique - dans toute réflexion portant sur l’usage d’outils numériques « pour la démocratie » : l’utilisation de logiciel sous licence libre.

Transparence et auditabilité « citoyenne », gouvernance horizontale, reproductibilité, et in fine cohérence et confiance.
Des élements indispensables, ne serait-ce que symboliquement. Or,le symbolique est fondamental en “démocratie”, particulièrement sur le long terme.

Il me semble en ce sens que s’il est certes important de ne pas être dogmatique et exclure de fait ceux qui n’ont pas une sensibilité aux enjeux des libertés informatiques, il est justement pertinent d’utiliser ce genre de plateforme pour sensibiliser et développer une attitude pédagogique.
Si évidement la qualité “technique” d’un outil est loin d’être anodine ; construire un « monde meilleur » plus ouvert, plus inclusif, basé sur plus de collaboration et d’horizontalité avec des boîtes noires conçues et gérées verticalement ne me parait absolument pas opportun. Il faut dès le départ inscrire la réflexion sur le long terme.
Je pense que ce débat illustre parfaitement la maxime « code is law », l’outil conditionne les usages.

Quelques pistes d’idées concrètes , certaines déjà évoquées lors de la réunion de lancement si je me souviens bien :slight_smile:

  • Un filtrage des outils par licence

  • Prendre en compte la licence dans la notation des outils.

  • Systématiquement lister les alternatives libres aux outils privateurs quand elle existent.
    Prévoir peut-être aussi une ou deux fois l’an, ou sur proposition/vote, des réflexions du style :“Est-il encore pertinent d’avoir cet outil non-libre dans la toolbox ?”

  • Mise en avant des outils sous licence libre, “flagger” (identifier) les licences pivatrices ;
    Avec le classique texte vert contre texte rouge par exemple. Un texte simple du style « attention, cet outil à des limitations d’utilisation, ne permet la revue par les pairs. Etc. »

  • Ne pas mettre en avant, en page d’accueil notamment, d’outils privateurs.
    Cas d’usage : sur la page principale je clique sur “outils” et le premier qui apparait en haut de la liste est “cap collectif” (privateur)…

  • Liens vers textes pédagogiques: importance de garantir liberté d’usage, de pouvoir étudier le code (particulièrement pour du civic tech!), de modifier et partager, de l’intérêt de pouvoir “forker”, etc.
    Par exemple par renvoi à : https://www.gnu.org/philosophy/philosophy.fr.html

  • Encourager les structures proposant des outils privateurs à les proposer sous licence libre.

  • Avoir une position engagée, des critères clairs, sur le sujet.

  • […]

[1] https://www.regardscitoyens.org/civic-tech-ou-civic-business-le-numerique-ne-pourra-pas-aider-la-democratie-sans-en-adopter-les-fondements/
[2] https://www.april.org/les-consultations-publiques-en-ligne-doivent-etre-basees-sur-des-logiciels-libres


Hello,

For many reasons already mentionned, notably by Regards Citoyens [1] or April in a public consultation on the generalisation of public consultations [2], one of the key-issues on all « civic tech » tools is the use of Free (licenced) Software.

Transparent and auditable, horizontal governance, reproducible, and in the end coherent and trustworthy.
Indispensable components, symbolically at the least. And the symbolic aspects of things is crucial in “democracies”, especially in the long run.

While it is clearly important to keep an open mind and not to exclude those who don’t have sensitivity to issues of free free software, it is all the more important to use these kinds of plateforms to sensitize and have a pedagogical approach.
Of course the “technical” quality of a tool is important. However, building a « better world », more open, more inclusive, based on collaboration and horizontality, with black boxes designed vertically, doesn’t seem advisable. These consideration must be thought in the long run, from the start.
In my opinion this reflection perfectly illustrates the wording « code is law » , the tool influences the uses.

A few concrete ideas, some already mentionned during the “launch meeting” if I recall correctly :slight_smile:

  • Filtering the tools by licences

  • Taking into account the licences when evaluating a tool.

  • Always list free alternatives to propriatory tools when available.
    Maybe put in place a reviewing process, one or twice a year, in the line of : « Is it still pertinent to have this non-free tool in the toolbox? »

  • Putting forward tools under free licences, “flag” proprietary licences.
    The classic “green text” v. “red text” is probably an easy way of doing this.
    A simple text : “Keep in mind that this tool as uses limitations / doesn’t allow for pair review, etc.”

  • Not putting forward tools under propriatory licences, in particular on the homepage
    For instance, when on the homepage, if you click on “tools”, the tool on top of the list is a proprietary one :confused: (cap collectif)

  • Links to educationnal texts on free software issues : on the importance of digital freedoms, of being able to study the source code, on the benefits of sharing and of allowing “forks”, etc.
    For instance : https://www.gnu.org/philosophy/philosophy.html

  • Encourage those who offer proprietary tools to offer them under free licences.

  • Having a strong position on this matter, with clear criteria

  • […]

[1] https://www.regardscitoyens.org/civic-tech-ou-civic-business-le-numerique-ne-pourra-pas-aider-la-democratie-sans-en-adopter-les-fondements/ (in French)
[2] https://www.april.org/en/public-consultations-based-free-software-proposal-ranking-4th-among-most-supported


Le débat argumenté: principal "call to action" de la Toolbox? / Argued discussion: main call to action for the Toolbox?
#2

Ces propositions ne semblent pas toutes pertinentes, au regard des missions de l’OGP Toolbox :

  1. permettre aux acteurs d’identifier les outils numériques les mieux adaptés à leurs initiatives en les recensant et les décrivant de la façon la plus objective possible ;
  2. collaborer pour rendre les outils numériques plus accessibles et simples à utiliser ;
  3. créer les conditions favorables à une émulation positive permettant d’améliorer la qualité des outils numériques ;
  4. favoriser le partage d’expériences entre acteurs ayant déjà utilisé les outils numériques disponibles.

À mon sens, les éléments suivants de la proposition ne sont pas compatibles avec la mission telle qu’elle est définie :

  • Prendre en compte la licence dans la notation des outils.
  • Systématiquement lister les alternatives libres aux outils privateurs quand elle existent.
  • Prévoir peut-être aussi une ou deux fois l’an, ou sur proposition/vote, des réflexions du style :“Est-il encore pertinent d’avoir cet outil non-libre dans la toolbox ?”
  • Mise en avant des outils sous licence libre
  • Avec le classique texte vert contre texte rouge par exemple. Un texte simple du style « attention, cet outil à des limitations d’utilisation, ne permet la revue par les pairs. Etc. »
  • Ne pas mettre en avant, en page d’accueil notamment, d’outils privateurs.
  • Liens vers textes pédagogiques
  • Encourager les structures proposant des outils privateurs à les proposer sous licence libre.
  • Avoir une position engagée, des critères clairs, sur le sujet.

Vous décrivez les missions d’une association militant pour le logiciel libre, pas celles d’une “boite à outils” devant servir de conseil objectif et impartial pour aider des organisations à faire des choix efficaces et pragmatiques. En ce sens, il me semble important que le projet OGP Toolbox clarifie sa position sur ce point, et inscrive de manière non ambigüe et durable son indépendance face aux licenses logicielles employées par les éditeurs.

En revanche, la proposition “Filtering the tools by licences” semble être une aide au parcours des collections et, en ce sens, permet d’aider l’utilisateur sans pour autant orienter son choix.


#3

Suivant votre lien sur les missions de l’OGP ToolBox je lis :

L’objet de l’association est de renforcer le pouvoir d’agir des acteurs publics, privés et de la société civile du monde entier à travers le partage d’outils et de ressources numériques pour promouvoir la démocratie, la transparence, la participation et la collaboration dans l’action publique.

Vous parlez ensuite de « conseil objectif et impartial pour aider des organisations à faire des choix efficaces et pragmatiques. »

Comment mesure t’on l’ « efficacité » d’outils « civic tech » ?
Une base purement quantitative peut-elle être satisfaisante ?
Comment évaluer qualitativement la promotion de la démocratie, de la transparence et de la participation citoyenne ?

Proposer prioritairement des outils qui portent structurellement en eux ces valeurs : transparence, égalité, collaboration, etc. semble pragmatiquement pertinent.

Peut-être convient-il d’expliciter davantage ce que j’entend par « code is law » et le lien avec le sujet que nous abordons : la manière dont est conçu un outil détermine son usage.


Dans le “cyberespace” le code vaut loi, il édicte les règles qui régiront le fonctionnement de la “société” d’utilisateur. Société = la manière dont nous interagissons.

Si structurellement, les membres d’une société ont accès aux règles qui régissent leurs interactions, d’abord pour comprendre ces règles, puis ,s’ils le souhaitent, pour pouvoir participer sur un pied d’égalité (l’horizontalité) à leurs élaborations, alors à mon sens on pourra parler de démocratie.
Il faut aussi y ajouter une liberté essentielle dans un « État de droit », et malheureusement souvent oublié ; le “devoir” d’insurection - quand le contrat social est rompu, repartir “de zéro” pour reconstruire les bases d’une société libre.

Étude, modification, reproductibilité (“fork”),etc. ; par les libertés qu’elles offrent, les licences des logiciels libres sont d’une certaine manière la traduction informatique des éléments structurant d’une démocratie.
C’est d’ailleurs selon moi le sens de l’adage « Free Software, Free Society » / « Logiciel libre, Société libre ».

Un logiciel conçu verticalement (inégalité), en « boite noire » (non-transparent) , et imposant des usages (non-reproductibilité) s’apparente dans la continuité de cette analogie à de l’autocratie.
Un logiciel n’est pas un produit de pure logique, il est écrit par des humains et reflète en cela leur “personnalité” et leur point de vue. C’est d’ailleurs pour cela que les logiciels sont couverts par le droit d’auteur.
Quelques soient les intentions des auteurs ou éditeurs, aussi louables soient-elles, l’idée d’une personne prétendant avoir LA solution et refusant de fait la remise en cause par la société des utilisateurs, ne me parait pas compatible avec la poursuite de l’idéal démocratique, et donc avec la notion de “civic tech” portée par l’OGPToolBox.

Bien sûr, un logiciel privateur ( de droit ) pourra avoir une bonne ergonomie, des fonctionnalités utiles et pertinentes pour des usages spécifiques.
Mais de même que des institutions non-démocratique peuvent en soi produire des “résultats” intéressant et mener des politiques publiques socialement opportune de façon ponctuelle - comme le faisaient les “despotes éclairées” - aussi “bon” que puisse être un logiciel privateur il ne pourra jamais, structurellement, constituer un modèle pérenne d’« Open Government ».

Voilà le sens de mes proposition et ce que j’entends pas “cohérence sur le long termes”.


#4